lundi 13 octobre 2025

RED CLOUD - THIS IS NOT AN ALBUM

 



Imaginez un savoureux mélange de classic rock et de hard rock...voici précisément comment je pourrais définir le style défendu par ce combo parisien (Une interprétation forcément partisane puisque liée à un ressenti personnel). Et pour être un peu plus explicite, j'y ajouterai une petite touche de blues rock pour alourdir le tout et nous enivrer d'un arôme bien agréable. RED CLOUD n'est pas un simple groupe en devenir mais bel et bien un groupe qui a su dès le début se forger une identité à travers une musique facile d'accès mais sacrément entrainante et percutante. Sur un plan sonore, c'est réussi de bout en bout et outre l'expression musicale superbement épaisse de ce deuxième effort, le talent avec lequel la vocaliste Roxane Sigre sublime chaque morceau de ce manifeste est à souligner. Elle transcende littéralement les musiciens qui l'accompagnent et sa voix ne tombe jamais dans l'excès. Ces musiciens nous proposent huit pistes qui tiennent largement la route, qui attirent et qui captivent d'emblée sans aucune explication...ou presque. Les bons morceaux se succèdent, forment un ensemble très cohérent et possèdent une véritable énergie capable d'aller séduire le public rock dans son intégralité. Que dire d'autres face à un plaisir aussi évident et aussi immédiat ? Qu'il existe une réelle intelligence dans les compositions et une excellente maîtrise des instruments. Qu'ils disposent d'un sens aigu de la chanson qui fait taper du pied, que les parties de six cordes sont soignées et qu'ils sont très respectueux d'un héritage qui les inspire. Difficile en effet de s'ennuyer et il me semble tout naturel à l'écoute de "This Is Not An Album" de laisser vagabonder son imagination et d'imaginer ce que pourraient donner ces titres sur scène. Gros coup de cœur.

Arno Jaffré

jeudi 9 octobre 2025

BIRDSHOT - OCEAN OF NOTHING

 



Aucune fioriture, ni de surenchère technique chiante et dégoulinante sur ce premier EP de BIRDSHOT. Les angevins vont à l'essentiel, cherchant sans doute à revenir aux sources de leur style de prédilection. "Ocean of Nothing" se laisse apprivoiser dès la première écoute et le groupe privilégie l’efficacité à la technicité. Leur Metal old school est accrocheur, redoutable et les mecs nous prouvent qu’ils n’ont franchement pas envie de rigoler. Musicalement, ils démontrent de belles dispositions et l'ensemble est cohérent du premier au dernier cri. C’est concis, explosif, sans temps morts et le chant méchamment hargneux est brut de décoffrage et bas du front. Les riffs sont massifs, écrasants et la pression est palpable du début à la fin. A chaque coup de grosse caisse, on a l’impression d’entendre le son scintillant d’une douille de 12mm qui tombe sur le sol. Un EP solide donc contenant son lot de passages marquants, dilués dans un déluge de sonorités venus des ténèbres. Ils varient tout de même parfois leur propos (que ce soit au niveau des rythmes et des ambiances) mais la rupture d’anévrisme n’est jamais bien loin. La touche "roots" est bien présente, colle parfaitement avec le son qu’ils veulent développer et la présence de chaque instrument est bien équilibré. Birdshot n’a aucunement la prétention de révolutionner quoi que ce soit et reste profondément planté dans ses convictions. La formation angevine a bien appris la recette, et la restitue avec brio. Toute cette ivresse de l'underground leur permet de créer un véritable cyclone. Stay Brutal Or Die !

Arno Jaffré

dimanche 21 septembre 2025

                 THE HORNY WACKERS AND THE EPILEPTIC REACTION



On le sait, les français se méfient des politiques comme des maisons de disque. Sauf que pour exister, un groupe quel qu'il soit, a besoin parfois de signer sur une major, d'avoir un tourneur et de passer à la télé. A lui alors Rock en Seine, le Printemps de Bourges, les Vieilles Charrues et la couverture des magazines. C'est peut-être horrible et inconcevable pour certain(e)s, mais il en est ainsi. Et ce n'est pas en postant sur YouTube un clip comme on jette une bouteille à la mer qu'on parvient à quelque chose. On ne fait rien sans logistique, faire croire le contraire serait mensonger. Sans promo, buzz et tout le tralala, on reste cloîtré et c'est au troquet du coin que l'on fait des concerts. Et alors ? Au fond, la musique d'aujourd'hui n'est plus qu'une gigantesque entreprise de marketing, et joue de nos jours à cache-cache avec les auditeurs. On apprend alors à être indépendant. Sur ce constat, les HORNY WACKERS ont monté l'affaire eux-mêmes. Certains se souviennent que le monde du rock est, bizarrement, assez chatouilleux sur la crédibilité et l'authenticité. On devient, par peur des critiques, quelqu'un d'autre, on prend un pseudo et une apparence différente. Et pas forcément pour les meilleures raisons. Sans visages, maquillés, cagoulés ou coiffés de casques, quantité d'artistes usent désormais du stratagème de la dissimulation (On peut remplacer n'importe quel membre du hold-up, personne n'y verra que du feu). Pour ces musiciens, originaire d'Ecouflant (près d'Angers), cela fait partie du concept. Pour affronter le démon, il faut d'abord se frotter à lui. Sous influence du punk rock et du rockabilly, ce combo érudit a décidé de retrouver la simplicité du rock primitif. Bad Music for Bad People. Leur courant trouve ses prémices dans la scène underground de New-York dans les années 70 (avec notamment les Cramps). L'orchestration est minimaliste et les paroles explicites, directement inspirées par les films d'horreur, et la trash culture. Les riffs sont malsains, dérangeants et s'insinuent vicieusement dans vos oreilles. L'énergie juvénile est contagieuse, et leur marginalité totalement assumée. Leur attitude, loin d'être aussi désinvolte qu'il n'y paraît, leur a permis d'ouvrir pour Demented Are Go et les Washington Dead Cats. Faisant fi des modes et sans toutefois travestir leur vraie nature, le trio est là pour vous boxer la tronche. Les écouter, c'est perdre l'avantage. Le blues du dimanche soir, on le connaît tous : ces angoisses qui envahissent l'esprit et nous volent les dernières heures de plaisir et de futilité, avant de reprendre le travail le lendemain. En cas d'urgence, écouter les Horny Wackers pourrait vous sauver la mise. Simple et addictif. Mercredi Adams en est fan...Boris Karloff aurait adoré !

GET DOWN - avant première | Horny Wackers | horny wackers

Arno Jaffré

RED CLOUD - THIS IS NOT AN ALBUM

  Imaginez un savoureux mélange de classic rock et de hard rock...voici précisément comment je pourrais définir le style défendu par ce comb...