THE HORNY WACKERS AND THE EPILEPTIC REACTION
On le sait, les français se méfient des politiques comme des maisons de disque. Sauf que pour exister, un groupe quel qu'il soit, a besoin parfois de signer sur une major, d'avoir un tourneur et de passer à la télé. A lui alors Rock en Seine, le Printemps de Bourges, les Vieilles Charrues et la couverture des magazines. C'est peut-être horrible et inconcevable pour certain(e)s, mais il en est ainsi. Et ce n'est pas en postant sur YouTube un clip comme on jette une bouteille à la mer qu'on parvient à quelque chose. On ne fait rien sans logistique, faire croire le contraire serait mensonger. Sans promo, buzz et tout le tralala, on reste cloîtré et c'est au troquet du coin que l'on fait des concerts. Et alors ? Au fond, la musique d'aujourd'hui n'est plus qu'une gigantesque entreprise de marketing, et joue de nos jours à cache-cache avec les auditeurs. On apprend alors à être indépendant. Sur ce constat, les HORNY WACKERS ont monté l'affaire eux-mêmes. Certains se souviennent que le monde du rock est, bizarrement, assez chatouilleux sur la crédibilité et l'authenticité. On devient, par peur des critiques, quelqu'un d'autre, on prend un pseudo et une apparence différente. Et pas forcément pour les meilleures raisons. Sans visages, maquillés, cagoulés ou coiffés de casques, quantité d'artistes usent désormais du stratagème de la dissimulation (On peut remplacer n'importe quel membre du hold-up, personne n'y verra que du feu). Pour ces musiciens, originaire d'Ecouflant (près d'Angers), cela fait partie du concept. Pour affronter le démon, il faut d'abord se frotter à lui. Sous influence du punk rock et du rockabilly, ce combo érudit a décidé de retrouver la simplicité du rock primitif. Bad Music for Bad People. Leur courant trouve ses prémices dans la scène underground de New-York dans les années 70 (avec notamment les Cramps). L'orchestration est minimaliste et les paroles explicites, directement inspirées par les films d'horreur, et la trash culture. Les riffs sont malsains, dérangeants et s'insinuent vicieusement dans vos oreilles. L'énergie juvénile est contagieuse, et leur marginalité totalement assumée. Leur attitude, loin d'être aussi désinvolte qu'il n'y paraît, leur a permis d'ouvrir pour Demented Are Go et les Washington Dead Cats. Faisant fi des modes et sans toutefois travestir leur vraie nature, le trio est là pour vous boxer la tronche. Les écouter, c'est perdre l'avantage. Le blues du dimanche soir, on le connaît tous : ces angoisses qui envahissent l'esprit et nous volent les dernières heures de plaisir et de futilité, avant de reprendre le travail le lendemain. En cas d'urgence, écouter les Horny Wackers pourrait vous sauver la mise. Simple et addictif. Mercredi Adams en est fan...Boris Karloff aurait adoré !
GET DOWN - avant première | Horny Wackers | horny wackers
Arno Jaffré

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